Concert «Les Amants de Cordoue»

Vendredi 15 mai à 19h
Maison de la Région - 61, La Canebière - 13001 Marseille

«Les Amants de Cordoue» Amours et poésie dans l’Espagne arabo-andalouse du XIe siècle.

Par Ada Bonora, mezzo-soprano, auteur du texte, metteur-en-scène ; Myriam Douhi, comédienne ; et Mathilde Giraud, harpiste.

 


 

 

 

 

 

 

 

 

Les Amants de Cordoue raconte l’histoire de la princesse Wallada et de Ibn Zaydoun, célèbre poète cordouan du onzième  siècle. Ce spectacle, créé spécialement pour le festival «l’Espagne des trois cultures», met en scène la rencontre de deux poètes à travers leurs œuvres, aborde la tradition judéo-espagnole, celle de la musique de la Renaissance et celle aussi du répertoire populaire andalou.

ADA BONORA, née à Paris, suit des études littéraires avant de devenir institutrice. Elle fait ses études musicales à l’ENM de Pantin où elle obtient un premier prix de chant. Après plusieurs stages musicaux, elle prend des cours de théâtre.

Elle participe à de nombreux concerts dans la région parisienne avant de passer une saison dans les chœurs de l’Opéra de Nantes.  Elle crée un duo avec  la harpiste Manon de Preissac et donne des récitals de mélodies et d’airs d’opéra. Elle interprète le rôle de Chérubin des Noces de Figaro de Mozart et chante dans les chœurs de plusieurs théâtres, notamment à Paris, Tours, Nancy, Marseille et Avignon. Elle collabore en tant qu’alto solo avec différents chœurs à Paris (festival Saint-Louis en l’Ile, ensemble Les Saisons dirigé par Béatrice Malleret) et à Aix-en-Provence ainsi qu’à Marseille dans un répertoire d’oratorio (Vivaldi, Zelenka, Durante, Haendel, Mendelssohn, Pergolèse…). Elle donne également des concerts dans lesquels elle aborde différents répertoires de la mélodie à l’opéra.

Après un passage dans le chœur de l’Opéra d’Avignon, elle participe avec différents ensembles musicaux (Uccellini, Ad Fontes, OLRAP) à de nombreux concerts dans la région.

Site web : www.adabonora.com

MATHILDE GIRAUD débute la harpe à l’âge de 8 ans au Conservatoire national de Région de Perpignan. Elle obtient son baccalauréat scientifique en 2002, puis son Diplôme d’études musicales en 2003 avec l’UV (ou médaille d’or) de harpe, de musique de chambre et de formation musicale. Elle a également obtenu une licence de musicologie en 2005, tout en se perfectionnant au Conservatoire national de Région de Lyon dans la classe de Christophe Truant. Mathilde est titulaire de Masters of arts : Diplôme d’enseignement en harpe et Diplôme de soliste de la Haute École de musique de Genève, où elle avait pour professeur Florence Sitruk. Elle se produit régulièrement au sein de diverses formations : duo Harpe en Scène, duo chant et harpe, Trio Cor, violon et harpe… Elle a été sélectionnée pour jouer dans l’orchestre du Festival de Verbier. Elle enseigne la harpe au Conservatoire à rayonnement régional Grand Avignon.

Site web : www.passion-musique.com/musiciens

MYRIAM DOUHI, née à Paris, découvre le jeu théâtral en obtenant, à l’âge de 10 ans, un petit rôle dans «la Sœur de Shakespeare» à la Cartoucherie de Vincennes. Après ses études secondaires, elle fait un passage prolongé par la Faculté de Droit jusqu’à l’obtention d’une maîtrise, pour finalement quitter le droit, et créer une compagnie franco-tchèque «Théâtre Ensembles» dans le Maine et Loire. Tournée vers le travail de voix depuis 10 ans, elle s’est lancée dans les lectures poétiques, la fiction radiophonique et le conte en langue des signes ! Elle crée en 2005 l’association « la Petite Voix » et anime des ateliers d’expression orale auprès de jeunes publics, lycéens, étudiants et personnes en réinsertion.  Depuis son installation à Avignon, elle a collaboré avec plusieurs compagnies à des spectacles parfois créés par elle (La Scène est vide…).

 

Wallada et Ibn Zeydoun. Au début du 11e siècle, la capitale andalouse assiste à la chute du Califat Omeyyade, affaibli et déchiré par des querelles aux conséquences désastreuses.

Wallada bint al-Mustakfi est la fille du dernier Calife Omeyyade de Cordoue, Muhammad al-Moustakfi Billah (976-1025), dont le mauvais règne a accéléré la chute du Califat. Mais, c’est aussi une femme de lettres et une poétesse. Elle gardera toujours son statut de princesse et continuera à organiser chez elle des salons littéraires où se réunissent philosophes, poètes et artistes.

Ibn Zeydoun (Cordoue 1003 – Séville 14 avril 1071) tombe amoureux d’elle lorsqu’il commence à fréquenter son salon. Il est né en 1003 à Cordoue dans une famille d’intellectuels. Après ses études à l’Université de Cordoue, son talent exceptionnel le classe très vite parmi les plus grands poètes de son époque. C’est pour Wallada qu’il va écrire ses plus beaux poèmes dans une langue fluide, claire et expressive.

Leur histoire d’amour fait beaucoup de bruit dans Cordoue. Mais elle fait aussi des jaloux, dont le ministre Abou Amir ibn Abdous  qui aurait accusé Ibn Zeydoun de comploter contre le roi.

Jeté en prison, le poète adresse au roi Jahwar des suppliques, mais en vain. Néanmoins, le prince héritier Mohamed a pitié de lui et le fait évader. Ibn Zeydoun continue à envoyer au roi des poèmes élogieux. Il en adresse d’autres également à Wallada, mais celle-ci venait de le rejeter à tout jamais. Elle lui reprochait de l’avoir trahie. Son cœur en a été définitivement brisé et sa dignité profondément atteinte.

A la mort de Jahwar en 1043, son fils Mohamed lui succède.  Ibn Zeydoun est réhabilité, puis nommé ambassadeur auprès du royaume de Séville. Cependant, il demeure affligé par le comportement  de Wallada qui refuse de le revoir. Il  continue pourtant de lui dédier ses plus beaux poèmes. Il meurt en 1070. Wallada meurt vingt ans plus tard sans s’être jamais mariée.